Nous passons une grande partie de notre existence à dormir. Et pourtant, nous sommes peu à nous intéresser à son fonctionnement à moins que le sommeil devienne un problème. Nous savons que dormir est important pour récupérer et pour mémoriser de nouvelles connaissances, que c’est aussi pendant la nuit que nous produisons l’hormone de croissance, qu’un bon sommeil renforce notre système immunitaire, mais c’est à peu près tout. Avec l’arrivée d’un enfant, le sommeil nous préoccupera intensivement, parfois jusqu’à l’obsession.
Ce billet est un résumé de quelques-unes de mes lectures sur le sommeil, un sujet sur lequel je me suis passablement penchée depuis les 6 mois de notre cadette. Une contribution assez complète sur le fonctionnement du sommeil et une lecture pas forcément des plus aisées, je le concède. Toutefois, il me semble essentiel de s’intéresser au fonctionnement du sommeil du nourrisson, du bébé et de l’enfant afin d’avoir une idée un peu plus précise sur la question avant de se tourner vers une méthode d’apprentissage du sommeil – si c’est vraiment de cela dont il est question. En effet, de nombreuses cultures n’abordent pas la question du sommeil sous l’angle d’un apprentissage, mais bien d’un processus évolutif, comme il en est de la marche ou du langage.
Les aspects suivants seront traités dans cet article :
- les phases et cycles du sommeil
- l’horloge biologique ou circadienne
- les évolutions du sommeil au cours de la vie
- l’aspect davantage culturel que scientifique des méthodes d’apprentissage du sommeil
- les diverses raisons des nuits difficiles
Les phases et cycles du sommeil
Les études sur le fonctionnement du sommeil sont finalement assez récentes. Elles remontent aux années 1930 et se sont affinées avec l’évolution des technologies. L’invention de l’électroencéphalographe va permettre de capter et mesurer les ondes électriques émises par le cerveau et de prendre connaissance des variations des émissions électriques pendant la durée du sommeil. Il y a cependant de nombreux paramètres qui échappent encore à notre compréhension.
Nous savons que notre sommeil se répartit en cycles d’environ 90-120 minutes, c’est-à-dire qu’au cours d’une nuit de 8 heures, nous cumulons environ 4-6 cycles selon la durée de ceux-ci. Les cycles sont souvent comparés à des trains. Entre chaque cycle, il y a de courts réveils. Ceux-ci passent, chez l’enfant et l’adulte, la plupart du temps inaperçus sauf si un bruit nous tire du sommeil. Chaque cycle est composé de 5 phases (wagons) :

- sommeil lent léger (2 phases)
- sommeil lent profond (2 phases)
- sommeil paradoxal
Leur longueur n’est pas égale à chaque cycle, c’est-à-dire qu’un type de sommeil dominera au cours d’un cycle selon le moment de la nuit. Certaines phases sont plus présentes au début de la nuit tandis que d’autres le sont davantage en seconde partie de nuit. De manière générale, le sommeil lent est plus présent pendant les premières heures de la nuit alors qu’en seconde partie de nuit, ce sont les phases de sommeil paradoxal qui dominent. C’est vers l’âge de 7 mois environ que l’enfant acquiert l’ensemble de ces phases ; celles-ci se mettent en place entre 4 et 7 mois, car il faut se rappeler que jusqu’à 3-4 mois, son sommeil n’est composé que de deux phases, le sommeil agité et le sommeil calme.
Récapitulons les particularités de chaque phase de sommeil d’un cycle de sommeil chez l’enfant et l’adulte.
- Endormissement
- Phase I : sommeil lent léger
Après 15-20 minutes, le dormeur ne perçoit plus les bruits environnants. Toutefois, un bruit ou un coup de coude pourrait facilement le tirer de son sommeil.
- Phase II : sommeil lent léger
Quelques minutes plus tard (environ 5 minutes), le dormeur passe de la phase I à la phase II. Le sommeil s’approfondit toujours davantage, le rythme cardiaque et la respiration sont lents et réguliers.
Les phases I et II représentent environ 50% de la durée totale de notre sommeil. Lors du sommeil léger, la respiration est calme, mais le dormeur perçoit encore les bruits environnants, les différences de température. Chez l’enfant, on peut observer qu’il suce sa tétine ou son pouce, qu’il tient son doudou. Lors du sommeil léger, on est facilement réveillé et si cela devait être le cas, on retrouvera rapidement nos esprits, ce serait un réveil facile.
- Phase III et IV : sommeil lent profond
Environ 5-10 minutes après la phase II, le sommeil s’approfondit encore davantage. Quelques minutes plus tard, il parvient en phase IV. Le dormeur est profondément endormi. L’activité cérébrale est très faible, toutes les fonctions vitales sont au ralenti. Lors du sommeil profond, la respiration est lente, le corps est relâché, plus de succion (souvent l’enfant crache sa tétine), les mains sont ouvertes. Un réveil lors de cette phase est particulièrement désagréable. Il est conseillé d’éviter de réveiller un enfant lors de cette phase au risque de faire face à des pleurs intenses et de grosses difficultés pour calmer l’enfant.
- Phase V : sommeil paradoxal
Cette phase survient entre 50 et 80 minutes après l’endormissement. Ce sommeil contraste considérablement avec les premières phases du sommeil. Alors qu’en début de cycle, l’activité cérébrale du dormeur est quasi nulle, sa respiration et ses pulsions cardiaques lentes et régulières, lors de la phase du sommeil paradoxal, certaines parties cérébrales sont en activité intense, la température corporelle augmente ainsi que le rythme cardiaque, la respiration et la pression artérielle. Les zones en lien avec la vue et l’ouïe s’activent, d’où les images et sons qui accompagnent les rêves, ainsi que le siège des émotions. La partie du cortex responsable du sens critique reste cependant au repos, ce qui explique que nos rêves semblent avoir ni queue ni tête. Les yeux peuvent être en mouvement, raison pour laquelle on parle également du sommeil MOR (Mouvements oculaires rapides), REM sleep en anglais. Ces mouvements sont un indice que le dormeur est en train de rêver. L’activité cérébrale est proche de celle de l’éveil. Par contre, le reste de son corps est au repos.
Chaque phase a une fonction particulière.
- Le sommeil paradoxal est important pour l’intégration des acquis, en lien avec le développement de l’enfant (ramper, marcher, parler, etc.) et la maturation du système nerveux. Les cauchemars ont précisément lieu pendant le sommeil paradoxal et souvent en seconde partie de nuit où ce type de sommeil est plus présent.
- Le sommeil profond est particulièrement réparateur pour l’organisme et donc essentiel pour la récupération physique et le renforcement du système immunitaire. C’est aussi pendant le sommeil profond qu’est secrété l’hormone de croissance et que peuvent apparaître des troubles du sommeil tels que somnambulisme, terreurs nocturnes, somniloquie, bruxisme, énurésie.
- Saviez-vous que des études récentes ont mis en évidence que les enfants précoces ou à haut potentiel souffraient plus souvent de troubles du sommeil, de cauchemars, de sommeil agité, d’angoisse et de difficultés d’endormissement. Leur sommeil est aussi « qualitativement » différent : les phases du sommeil paradoxal sont plus longues que chez un enfant ou adulte ordinaire.
L’horloge biologique ou circadienne
Nous avons tous une horloge biologique, ou circadienne, logée au cœur du cerveau au niveau de l’hypothalamus. Elle se compose des noyaux suprachiasmatiques, qui sont responsables des rythmes circadiens, c’est-à-dire de l’alternance entre les phases de veille et de sommeil, sur une durée de 24h (bien que celle-ci soit en réalité d’environ 25h). Tout au long de la journée, des hormones seront secrétées par le corps et influenceront directement les phases de veille et de sommeil.

Des études ont démontré que cette horloge biologique fonctionne indépendamment de référents externes. Toutefois, celle-ci n’est pas réglée sur un faisceau horaire de 24h. Nos obligations sociales, la luminosité, l’obscurité sont autant d’indicateurs externes qui nous permettront de nous ajuster sur un cycle de 24h. La perception de la lumière par la rétine sera transmise aux noyaux suprachiasmatiques qui relayeront l’information à la glande pinéale ou l’épiphyse, en charge de la production de la mélatonine. La sécrétion de cette hormone est toutefois contrôlée par l’horloge interne, c’est-à-dire qu’elle est identique même chez les individus peu, voire pas du tout, exposés aux variations de luminosité. On remarque que sa production augmente en fin de journée peu avant le coucher, ce qui influence directement l’endormissement, avec un pic de sécrétion vers les 3h du matin pour ensuite décroître jusqu’au matin, au moment du réveil. Une exposition tardive à la lumière retardera l’endormissement comme une exposition précoce pourra avancer le réveil matinal.
Cette horloge biologique n’est cependant pas « fonctionnelle » dès la naissance, les différentes structures en charge de son bon fonctionnement n’étant pas encore totalement matures. C’est la raison pour laquelle un nouveau-né ne fait au départ pas la différence entre le jour et la nuit. Il acquiert cette faculté vers 2-3 mois lorsque les noyaux suprachiasmatiques seront suffisamment développés.
Les évolutions du sommeil
Le sommeil du nourrisson n’est pas le même que celui d’un bébé de 3-4 mois, comme il n’est pas le même qu’un enfant âgé de 4-6 ans, d’un adulte ou d’une personne âgée. Le sommeil subit des évolutions tout au long de la vie. Le sommeil d’un enfant de 2 ans est très semblable à celui des adultes. Le sommeil du nourrisson est totalement différent, ce qui peut être perturbant pour les parents si ceux-ci ne sont pas conscients des mécanismes du sommeil chez le nouveau-né. Il se compose de deux phases :
- le sommeil agité (qui deviendra le sommeil paradoxal)
- le sommeil lent (qui se fractionnera en phases I, II, III, IV)
Les cycles chez le nouveau-né sont plus courts, d’une durée de 40-60 minutes alors qu’ils s’élèvent à 90-120 minutes chez l’enfant et l’adulte. Contrairement au bébé âgé de 3 mois, à l’enfant et à l’adulte, le nourrisson s’endormira en sommeil agité, qui correspond plus ou moins au sommeil paradoxal ; il représente 60% de son sommeil alors qu’il n’est que de 25% chez l’adulte. La raison de la dominance du sommeil paradoxal chez le nourrisson aurait un lien avec le développement du cerveau et des connexions neuronales. Cette phase du sommeil porte bien son nom : le nourrisson donnera en effet des signes d’agitation, tels que mouvements oculaires, des doigts et orteils, respiration irrégulière, accélération du rythme cardiaque ainsi que toute une palette d’expressions faciales exprimant diverses émotions (joie, peur, douleur, colère). Le nourrisson peut ainsi donner l’impression qu’il n’est pas réellement en train de dormir, ce qui pourrait pousser les parents à intervenir et à réveiller bébé. Alors qu’il est une règle à n’enfreindre sous aucun prétexte : réveiller un nouveau-né endormi.
Le sommeil agité du nourrisson dure environ 20-30 minutes avant qu’il laisse place au sommeil calme, semblable au sommeil lent chez l’adulte. A ce stade du sommeil, l’enfant paraît paisiblement endormi, sa respiration est régulière. Celui-ci dure 20-25 minutes. Entre ces deux phases du sommeil, il semble avoir un sommeil de transition. Entre chaque cycle, il y a de courts réveils. Le nourrisson se réveille souvent. Ceci a ses raisons d’être. Cela lui permet, en premier lieu, de se nourrir et favorise, par-là même, la lactation de sa maman. Il semblerait que ces prises alimentaires régulières évitent l’hypoglycémie chez le nouveau-né. L’estomac du nourrisson est aussi petit, il supportera donc mieux des prises alimentaires modestes et régulières.
Le nouveau-né ne fait pas non plus la différence entre le jour et la nuit. Il demandera à être nourri à toute heure du jour et de la nuit, ce qui est indispensable à sa survie. Probablement que si le sommeil se présente de la sorte, c’est pour de bonnes raisons qu’il est important de reconnaître pour répondre adéquatement aux besoins du nouveau-né, bien que les particularités de ce sommeil ne soit pas en adéquation avec le nôtre.
Alors que l’on s’attend à ce que notre enfant dorme comme un loir, ou du moins que les réveils nocturnes se réduisent significativement une fois passé le cap des 3 mois, comme cela est communément affirmé, beaucoup de parents se confrontent, au contraire, à des réveils plus fréquents, à des nuits plus difficiles. Cette régression est des plus normales et temporaires et ne devrait pas alarmer les parents plus que tant. Elle est représentative de la mise en place des phases manquantes qui a lieu entre 4 et 7 mois, dont les phases de sommeil lent léger.
Les méthodes d’apprentissage du sommeil : laisser pleurer un peu, beaucoup, pas du tout
Dans l’espoir que bébé fasse au plus vite ses nuits et ne perturbe pas trop les nôtres, on cherche des réponses et on se confronte à tous un tas de méthodes d’apprentissage du sommeil. Certaines méthodes sont devenues très populaires et se sont répandues comme la poudre de perlimpinpin. Pourtant, elles ne sont fondées sur aucun réel fondement scientifique et peuvent faire, au-delà des apparences, plus de mal que de bien.
En ce qui concerne l’apprentissage du sommeil des petits, il y a les défenseurs du laisser pleurer et ceux qui s’y opposent fermement. Les approches sont également très différentes selon les pays. Le laisser pleurer n’est pas vu d’un bon œil partout, voire même fortement décrié, alors que dans d’autres pays, on semble affirmer aux parents que c’est une étape nécessaire pour que l’enfant fasse ses nuits. Honnêtement, lorsque l’on conseille aux parents de laisser son enfant pleurer aussi longtemps qu’il s’obstinera, même s’il doit en vomir, souillures qu’il s’agira de recouvrir brièvement d’une serviette avant de refermer aussitôt la porte sur le désespoir de notre enfant jusqu’au lendemain, où on le félicitera de cette nuit sans l’appui de ses parents, je me demande si on n’aurait pas perdu tout sens critique.
Aux dires des défenseurs de la méthode, après une semaine de ce programme, qui s’apparente à un genre de maltraitance, notre enfant fera enfin ses nuits. Mais fallait-il vraiment en passer par là ? Quel message donnons-nous alors à notre enfant ? Ceci est bien sûr la version extrême du laisser pleurer, mais toujours conseillée aujourd’hui dans de nombreux ouvrages sur l’éducation au sommeil des petits et donc mise en pratique par beaucoup de parents. « Les méthodes de dressage n’apprennent pas à dormir, elles provoquent simplement un choc émotionnel qui fera baisser le niveau des principales hormones gouvernant nos émotions ; sans compter qu’elles font comprendre à l’enfant que ce n’est pas la peine de se plaindre, puisque personne ne viendra. C’est pour cette raison qu’elles marchent mieux sur des petits en bas âge, plus sensibles au choc. » (Dr Rosa Jové, Dormir sans larmes, p.199)
Heureusement, ces dernières années, de nombreux pédiatres et spécialistes du sommeil ont tiré la sonnette d’alarme et appelé à envisager des méthodes plus douces pour accompagner nos enfants dans l’apprentissage du sommeil. Et heureusement, la plupart des parents ont un minimum de bon sens et ne recourront pas à de telles méthodes pour retrouver leurs nuits d’antan. Certains opteront tout de même pour la méthode toujours très en vogue des 5-10-15 ou 3-6-9, la version soft du laisser pleurer, qui s’avère efficace avec des bébés âgés de quelques mois, mais nettement moins avec des enfants plus âgés, selon les résultats de diverses études sur le bien-fondé de ces méthodes. Je n’ai pas besoin de vous cacher que je ne suis pas une adepte du laisser pleurer pour apprendre à son enfant à dormir. Je suis davantage pour une approche bienveillante. Toutefois, il y a des cas de figure où il est pertinent de laisser son enfant pleurer. Parfois, il a besoin d’évacuer des tensions et nos interventions ne feraient que le stimuler ou le perturber dans son processus d’endormissement. Certains enfants pleurent dans leur sommeil alors qu’ils dorment, intervenir n’amène alors pas grand chose à part peut-être de réveiller l’enfant. Il est aussi important de donner l’opportunité à son enfant de se rendormir seul même si cela implique quelques minutes de pleurs. Tout dépend de l’intensité des pleurs.
Des méthodes d’apprentissage du sommeil plus culturelles que scientifiques
Ces méthodes d’apprentissage correspondent finalement à une vision de la société où l’enfant ne doit pas déranger plus que temps, bien que si les enfants ne dorment pas d’une traite dès leur naissance, c’est qu’il y a peut-être des raisons biologiques qui expliquent pourquoi l’acquisition du sommeil est graduelle. Mais notre approche de la parentalité et les exigences de nos sociétés actuelles rendent difficiles la valorisation d’une conception différente de l’apprentissage du sommeil chez l’enfant. « Notre société, même si elle a fait ces derniers temps quelques progrès sur ce plan, est encore bien loin de pouvoir offrir aux parents un rythme de travail qui leur permette de concilier vie familiale, vie sociale et vie professionnelle. » (Dr Rosa Jové, Dormir sans larmes, p.80)
Il semblerait que les problèmes de sommeil soient plus fréquents dans les pays industrialisés qu’ailleurs. Cela est vraisemblablement peu probable, le sommeil étant le même pour tous où que l’on soit sur la planète ; ce qui diffère, par contre, c’est notre positionnement par rapport à celui-ci. Dans les sociétés africaines, par exemple, on ne parle pas de troubles du sommeil ou d’apprentissage du sommeil pour la simple et bonne raison que la société s’est adaptée aux exigences du développement de l’enfant et de l’évolution du sommeil. Les mères emportent leur enfant sur leur lieu de travail et bénéficient d’un réseau d’entraide au sein de la communauté, le portage est monnaie courante et n’est pas suspecté de créer une dépendance de l’enfant à sa mère, le cododo est normal ; un ensemble de paramètres qui permet de répondre aux besoins spécifiques de l’enfant. Une vision similaire de la parentalité est présente dans les pays scandinaves ou en Allemagne.
Déterminer les raisons aux nuits difficiles
Avant d’appliquer une méthode d’apprentissage du sommeil, il est important de déterminer les raisons des mauvaises nuits de notre enfant. Maladies, pics de croissance, poussées dentaires sont souvent des causes temporaires pouvant expliquer les mauvaises nuits de bébé. Si celles-ci persistent, on peut se demander si notre enfant ne souffrirait pas de troubles du sommeil. Terreurs nocturnes, mauvais rêves, cauchemars, angoisses. Dans de tels cas de figure, laisser pleurer son enfant n’est pas une solution à envisager. Celui-ci a besoin de nous et c’est notre devoir de parent d’être là pour l’aider à traverser cette passe, aussi difficile que cela soit pour l’ensemble de la famille.
Références :
- Présentation du fonctionnement de l’horloge biologique par André Klarsfeld : https://www.youtube.com/watch?v=nZuvrmbXPqI
- Dr Rosa Jové, Dormir sans larmes – Les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans, Paris, Éditions des Arènes, 2017 (2006 pour la version originale en espagnol). L’auteure, spécialiste du sommeil, est clairement contre le laisser pleurer, en faveur de l’allaitement et du cododo. Au-delà de son positionnement, le livre apporte beaucoup d’éléments scientifiques intéressants sur le sommeil des 0-6 ans. La partie sur les troubles du sommeil est très complète et donne de nombreuses pistes de diagnostic et de solution. L’auteur donne également des pistes bienveillantes pour remédier aux mauvaises nuits.
- Brigitte Langevin, Comment aider mon enfant à mieux dormir, Ottawa : Éditions de Mortagne, 2009. L’auteure n’est pas une spécialiste du sommeil. Elle fait une synthèse de la littérature sur le sujet et se situe dans la lignée des défenseurs du laisser pleurer pour l’apprentissage du sommeil. La première partie sur le fonctionnement du sommeil est très claire et intéressante. Celle sur les troubles du sommeil n’est qu’un effleurement du sujet. La dernière partie sur l’apprentissage du sommeil est celle des défenseurs du laisser pleurer. Toutefois, elle souligne à maintes reprises qu’il est important de considérer l’aspect émotionnel de l’enfant avant d’envisager la mise en pratique de ces méthodes. De plus, elle propose une approche rarement citée dans les ouvrages sur l’apprentissage du sommeil, la tactique du baiser d’oiseau, approche douce consistant à récompenser son enfant par un baiser ou un câlin lorsque celui-ci reste couché dans son lit.
- Dr. Med. Herbert Renz-Polster, Nora Imlau, Schlaf gut, Baby! Der sanfte Weg zu ruhigen Nächten. Für Kinder von 0-6 Jahren, München: GRÄFE UND UNZER Verlag, 2016. Malheureusement à portée de main que des germanophones. Une lecture que je recommande, un livre qui m’a fait du bien. Une approche très différente de la majorité des bouquins sur le sujet. Une écriture déculpabilisante pour les parents confrontés à des troubles du sommeil de leur enfant, une réelle prise en compte des besoins de l’enfant à chaque stade de son développement. Le point de vue des auteurs aide à voir les difficultés rencontrées sous un autre angle. Les sujets tabous voire décriés par d’autres auteurs, comme celui du partage du lit conjugal/parental/familial (la manière de le nommer en dit déjà long sur la place qu’on lui donne), sont abordés avec respect et sans jugement, le choix de chacun étant respecté. Les auteurs ne sont clairement pas pour le laisser pleurer et toutes les méthodes d’apprentissage du sommeil allant dans ce sens, mais prennent en compte les besoins des parents pour définir un objectif réaliste et réalisable pour de meilleures nuits. Initialement, un cadeau de naissance. Un livre que l’on a mis entre mes mains de manière bienveillante.
- Aylin Lenbet, Lotta schläft – endlich!, Stuttgart: TRIAS Verlag, 2013. Un livre qui se lit comme un roman ! L’auteur traite des différents aspects du sommeil en suivant les défis de Kristin et Chritian, jeunes parents de Lotta, personnages fictifs dont les illustrations et les questionnements constituent la trame de l’ouvrage.