Les mille et une façons d’être maman – partie 2

  • Maman à la maison – maman au boulot : les plus et les moins

On entend souvent dans cette confrontation maman au foyer – maman active que la seconde aurait plus de mérite car elle doit répondre aux exigences de son activité professionnelle malgré des nuits entrecoupées. Propos qui méritent toutefois d’être relativisés. Il est vrai que maman active ne peut pas faire la sieste au travail, mais l’attention dédiée à un travail intellectuel n’est pas la même que celle nécessaire aux soins du bébé et des enfants. Je me suis souvent sentie moins fatiguée au travail qu’à la maison en prenant soin de ma fille et en devant affronter ses humeurs. La journée de maman au foyer qui n’a pas dormi ne sera pas moins éprouvante, car elle devra toute la journée durant être alerte et répondre aux besoins de bébé et de l’enfant qui, lui, sera soit en pleine forme soit de mauvaise humeur et absolument pas conciliant. Exécuter les tâches les plus élémentaires comme la préparation du repas relève parfois de l’épreuve du combattant devant se concentrer, à la fois, sur ses casseroles et surveiller du coin de l’œil bébé qui, avec son âme de petit aventurier, a la fâcheuse manie de toucher à tout et de s’aventurer partout. Et plus bébé grandit, plus il a besoin d’être stimulé et plus les siestes s’espacent et se raccourcissent. Et en parlant des siestes, ce n’est pas comme s’il suffisait d’allonger bébé dans son lit pour qu’il s’endorme aussitôt pour les deux prochaines heures. Certains bébés – la plupart plutôt – ne s’endorment que dès qu’il y a du mouvement ou qu’ils sont portés en écharpe, rassurés par la chaleur corporel et les battements du cœur. On s’imaginait naïvement, avec le papa, qu’un bébé ça dort beaucoup (et c’est le cas), partout (pas toujours) et instantanément (pas franchement) ; notre puce a boudé son lit pendant des mois en journée alors que le soir elle s’y endormait sans difficulté (enfin, à l’exception des toutes premières semaines). Du coup, maman en a parcouru des kilomètres en poussette – oui, j’aurais aussi pu la porter en écharpe à la maison, mais le portage ce n’était pas trop mon truc à l’époque (ce le sera peut-être pour bébé 2) et au final un peu d’air frais et d’exercice font toujours du bien au corps et à l’esprit. C’est dire que je n’ai pas souvent fermé les yeux pendant la sieste de ma petite. Et même si cela avait été une option, les siestes sont souvent l’occasion de faire un peu de ménage, la lessive ou de manger quelque chose sur le pouce. Alors qu’au bureau, il y a la pause de 10h, puis celle de midi, pour refaire le plein d’énergie. Le retour au travail est souvent alors perçu comme une source de plaisir et d’épanouissement pour beaucoup de parents et l’occasion de refaire fonctionner ses neurones.

Mais dans chaque situation, il y a des avantages et des inconvénients. Que l’on soit maman au foyer ou maman active, finalement, lorsqu’on devient maman, avant que les enfants soient couchés, c’est du non-stop et cela peut être drôlement fatigant. Dans mon rôle de maman au foyer d’une petite puce de quelques mois, je trouvais du temps pour moi pendant ses siestes, sur un banc à étudier, bouquiner ou lorsque cela était possible à m’allonger un moment sur le canapé ; maintenant qu’elle est plus grande, ces occasions se font toujours plus rares. Dans mon rôle de maman au boulot, c’est dans le train que je trouve du temps pour moi. Mais il faut quand même soulever que maman au foyer retrouve un peu de temps pour elle une fois que les enfants vont à l’école ou sont en âge de jouer seuls ou avec leurs copains, mais d’ici là quelques années s’écouleront. Notre état d’esprit aura finalement beaucoup à voir dans notre adaptation à notre rythme de maman.

  • Apprendre à profiter du moment présent

La chose qui m’a paru la plus difficile en devenant maman est le don de soi que cela demande de se consacrer uniquement à un petit être afin de répondre à ses besoins, laissant peu de temps pour s’occuper de soi ou s’adonner à ses passe-temps. Dans une société très individualiste, où le travail est survalorisé, il est difficile de se mettre entre parenthèses et de remettre ses projets – personnels ou professionnels – à plus tard. Cela s’apprend, mais nécessite un temps d’adaptation. Apprendre à vivre et profiter du moment présent, voilà la plus grande leçon que la maternité m’a apportée. Bien entendu, les enfants grandissent et deviennent toujours plus indépendants, offrant toujours davantage de temps à la maman au foyer pour se dédier à d’autres activités. Alors que la maman active, qui passe la plupart de sa journée au travail, selon son pourcentage, rentrera fatiguée et devra encore s’atteler aux tâches ménagères et prendre soin des enfants. Il n’est pas non plus facile pour la maman active de passer si peu de temps avec ses enfants ; le retour au boulot n’est pas toujours un choix et voir si peu ses enfants peut aussi être vécu comme une souffrance.

Temps libre pour l’une versus reconnaissance pour l’autre : cela semble quand même un peu caricatural. Tout dépend au final de la séparation des tâches entre la maman et le papa – enfin même si les études soulignent que ce sont plus souvent les femmes qui accomplissent les tâches ménagères et vous avez sûrement entendu parler de la « charge mentale ». Cependant, il faut reconnaître que les papas s’impliquent de nos jours beaucoup et s’occupent volontiers de leurs enfants avec tout ce que cela implique (couches & Co.). Quand je me consacrais entièrement à ma fille, mon mari reprenait le relais une fois de retour à la maison, pour que je puisse m’attaquer au ménage, au rangement, à la lessive et à la préparation du repas (pas forcément les activités les plus excitantes mais, honnêtement, cela me permettait de souffler un peu). Ainsi, ni l’un ni l’autre ne bénéficiait de sa pause canapé-télé – qui n’a sûrement plus lieu d’être avec des enfants en bas âge – tant que notre fille n’avait pas rejoint les bras de Morphée. Cela est l’organisation qui nous semblait la plus appropriée pour que le papa puisse aussi passer du temps avec sa fille, et vice-versa ; moments de complicité ou de chamaille importants pour l’un comme pour l’autre.

  • Les freins à l’épanouissement maternel

Faire garder ses enfants représente un coût important et si l’on décide de conserver tout de même une activité professionnelle, c’est aussi parce que cette dernière nous apporte autre chose qu’un salaire – dont un pourcentage important sera consacré au financement de la garderie. Est-il alors vraiment nécessaire de dévaloriser les mamans qui ont décidé de « sacrifier » leur carrière pour éduquer leurs enfants. Je trouve malheureux qu’encore une fois les femmes aient besoin de se tirer dans les pattes. Je viens de lire un article sur les freins à l’épanouissement maternel dont le principal est en lien avec la survalorisation dans notre société du travail et de la performance, le travail des mamans au foyer n’étant souvent pas reconnu car allant de soi. Être maman, c’est souvent travailler dans l’ombre, c’est faire un réel don de soi, tout cela loin des projecteurs. Pourtant, il en va du bonheur de nos enfants. Davantage de reconnaissance ne ferait pas de mal non plus. Le travail est une chose, mais rendre des enfants heureux est un sacré succès duquel on peut être fier et qui est tout aussi profitable à la société de demain !

  • Alors maman au foyer ou maman active ?

Face à cette épineuse question, on ne peut donc pas si facilement généraliser. Beaucoup de mamans essaient de concilier les deux plans, d’autres se destinent, par choix (ou pas), à l’un ou à l’autre, et cela dépend aussi de nombreux autres facteurs : la répartition des tâches avec le papa, si ce dernier est bien présent (situation des mamans monoparentales), le rôle de l’entourage, le soutien extérieur, les conditions de travail et le salaire qui va avec. J’ai la chance d’avoir un mari très dévolu dans son rôle de papa, qui s’implique énormément pour le bien-être de sa petite famille. Cela est aussi possible car nous vivons dans un pays qui valorise le rôle des mamans (les protégeant légalement contre le licenciement afin qu’elles puissent prendre un congé prolongé pour s’occuper de leurs enfants sans craindre de perdre leur emploi) et des papas ; il est normal que les deux parents s’occupent à part égale de leurs enfants, mais le choix est laissé à chaque famille. Personnellement, j’ai besoin de cumuler maternité et activité professionnelle, cela est nécessaire à mon équilibre et j’ai besoin d’évoluer dans différents environnements et de stimuler mes neurones autrement que par la recherche d’activités rigolotes pour mes enfants. La solution du 50/50 convient à la dynamique de notre famille et à nos personnalités. A chaque maman, à chaque couple, à chaque famille de trouver son équilibre et sa dynamique, selon les exigences auxquelles ils doivent faire face et leurs valeurs, afin de devenir la famille qu’ils souhaitent être. Un équilibre entre choix et contraintes.

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