Fille ou garçon : savoir dès que possible ou se laisser surprendre le jour J ?

Nous et notre choix de ne pas savoir

Aujourd’hui, nous avons la possibilité de savoir et la grande majorité des couples font le choix de connaître le sexe de leur futur bébé avant la naissance. Mais cela est finalement assez récent. Le recours à l’échographie se répand dans le milieu obstétrique à partir des années 1970-80. Il y a donc ceux qui veulent connaître le sexe dès que cela est possible et les autres. Certains gardent toutefois le secret jusqu’à la naissance tandis que d’autres le divulguent sans retenue, voire même dévoilent le prénom du futur bébé. Cela est propre à chacun. Pour chacune de mes grossesses, nous avons choisi d’attendre le jour de la naissance pour découvrir si nous deviendrions les parents d’une fille ou d’un garçon.

Je ne saurais pas vraiment dire pourquoi il m’importait autant de garder la surprise. Bien entendu, j’étais curieuse de savoir et je cherchais au début quelques indices, mais cela m’est finalement assez vite passé. Je pense que j’aime, d’une part, l’idée de découvrir le sexe de bébé (et pas seulement sa bouille) lors de la naissance et que, d’autre part, je n’avais pas envie de me projeter déjà dans une relation sexuée avec mon bébé. J’avais aussi l’impression que ne pas savoir me donnerait du courage pendant la naissance, enfin le grand jour de la rencontre allait arriver. Découvrir ensemble avec le papa si on vient de donner naissance à une fille ou un garçon est une expérience très émouvante. Nous n’avions pas non plus besoin de connaître son sexe pour nous projeter, nous savions que notre vie allait fondamentalement changer avec l’arrivée d’un enfant.

Lorsqu’on fait le choix de ne pas connaître le sexe avant la naissance, ça attise bien entendu la curiosité de l’entourage qui aimerait bien savoir. On va entendre sans cesse des théories des plus farfelues. Comme mon ventre pointait vers l’avant, ça ne pouvait qu’être un garçon. Visiblement, cette idée reçue est bien ancrée dans l’imaginaire collectif, car je l’ai entendue sans cesse pour mes deux grossesses… et c’est au final deux filles qui sont nées.

Pourquoi savoir

Connaître le sexe de l’enfant permet à de nombreux futurs parents de se projeter plus concrètement dans la nouvelle constellation familiale qui les attend, préparer les éventuels frères et sœurs à l’arrivée du nouveau membre de la famille, acheter les affaires du futur bébé ou décorer sa chambre (si on veut faire dans le traditionnel bleu/rose). Chacun a ses raisons. Dans notre cas, ne sachant pas si on attendait un bébé fille ou garçon, on s’est procuré le nécessaire dans des couleurs neutres (ou unisexes), et il n’y a pas que le blanc qui fasse l’affaire ! Nous, on adore le jaune, le vert, le rouge, le bleu et il est encore facile de trouver des articles de puériculture neutres pour un nouveau-né, cela se compliquera plus tard.

Il ne faut pas oublier non plus que selon la position de bébé pendant l’échographie, le gynécologue n’est pas toujours en mesure de donner le sexe avec certitude, ce qui peut donner lieu à quelques surprises et revirements de situation en fin de grossesse, et cela arrive plus souvent qu’on ne le pense. Comme le cas de cette maman rencontrée lors d’un cours qui était certaine d’attendre une fille jusqu’à la fin de sa grossesse où on lui a annoncé que ce serait un garçon, juste le temps de redonner un coup de peinture à la chambre de bébé et de se procurer quelques bodys et pyjamas dans des tons moins connotés.

Entre joie et déception

La connaissance du sexe de son futur enfant peut être vécue comme un soulagement ou, au contraire, une déception. En effet, nous pouvons avoir de fortes attentes par rapport au sexe de ce dernier pour des raisons personnelles, familiales ou encore culturelles. Nous aurons peut-être plus d’attentes déçues pour un second ou troisième enfant selon le sexe de nos premiers enfants. Devenir parent peut aussi faire ressurgir certains pans de notre histoire personnelle et familiale, et cela peut être plus prononcé selon que l’on deviendra la maman ou le papa d’un garçon ou d’une fille. Il est alors impératif de s’interroger avant la naissance de son enfant sur les raisons à l’origine de tels sentiments afin de pouvoir créer une relation harmonieuse avec ce dernier. Pour ces mêmes raisons, d’autres ne souhaitent pas que le sexe de leur bébé leur soit révélé et préfèrent attendre la naissance de l’enfant pour s’y confronter.

Nous n’avions pas de préférence particulière ; il nous importait avant tout d’avoir un enfant en bonne santé ! J’avais tout de même quelques appréhensions quant à la relation que j’établirai avec mon enfant selon que celui-ci soit une fille ou un garçon. La relation mère-fille étant parfois compliquée voire empreinte de jalousies, je craignais de développer de tels schémas avec ma fille, des craintes que je n’avais pas vis-à-vis d’un futur garçon. Avoir conscience de son histoire personnelle et familiale permet de prendre du recul, d’être plus attentif à la reproduction de certains comportements que nous avons nous-mêmes vécus dans la relation avec nos parents et que nous risquons de reproduire inconsciemment une fois parent. Ce travail d’introspection nous aidera à construire une relation saine et bienveillante avec notre enfant.

Préparer les aînés

Que l’on connaisse le sexe de notre futur bébé ou non, la venue prochaine d’un petit frère ou d’une petite sœur dans la famille est toujours un événement important pour les aînés. Il est indispensable de parler des changements à venir et cela quel que soit l’âge des enfants. La manière dont on présente la venue d’un petit frère ou d’une petite sœur dans la famille est essentielle. A nouveau, nous nous sommes tournés vers des livres illustrés, le support visuel du livre est très aidant avec des enfants en bas âge. Tous les livres sur le sujet ne se valent pas, les discours et les illustrations peuvent être plus ou moins positifs ou explicites. Celui que nous avons privilégié nous a permis d’accompagner notre aînée dans les changements concrets qui allaient subvenir dans notre famille et vis-à-vis de sa place au sein de celle-ci.

Nous avons pour cela choisi un livre dont l’héroïne était une fille. Le sexe du bébé était égal, notre fille savait que nous ne saurions qu’à la naissance si ce serait une petite sœur ou un petit frère. Par contre, il nous importait de choisir un livre qui présentait l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur comme quelque chose de positif. Les auteurs font bien sûr mention que l’attention des parents ne sera plus uniquement focalisée sur l’aîné, que parfois les besoins du bébé passeront avant et l’aîné devra se montrer patient. L’aîné est cependant souvent impliqué dans les soins au bébé. De plus, il est bien souligné qu’il aura toujours ses moments privilégiés avec son papa ou sa maman, lors des siestes de bébé par exemple.

Avant la naissance, on prépare bien entendu l’arrivée de bébé en s’équipant du matériel nécessaire et nous avons veillé à ce que notre première y prenne part, par exemple lorsque nous avons monté le lit cododo et la chaise haute ou au rangement des habits de bébé dans la commode. En dépit du fait que mon ventre s’arrondissait de semaine en semaine, que notre fille nous a souvent accompagnés aux rendez-vous de contrôle, qu’elle a donc vu bébé sur l’écran, la naissance prochaine d’un bébé reste quelque chose de très abstrait pour un enfant de 2 ans. J’ai toutefois l’impression que le fait que plusieurs de ses petits copains de la crèche aient eu peu de temps avant un petit frère ou une petite sœur a grandement aidé au processus de conceptualisation chez notre fille. Elle voyait les bébés lorsque les parents venaient récupérer leurs enfants et elle était au final contente de devenir bientôt elle aussi grande sœur, d’avoir elle aussi son bébé.

Le choix du prénom

Ne pas connaître le sexe, eh oui, nous oblige à réfléchir à deux choix de prénom. Et trouver le prénom de notre futur enfant n’est pas toujours tâche facile. On n’a pas toujours les mêmes goûts que notre partenaire, donnant lieu à de longues discussions jusqu’à ce que l’on se mette enfin d’accord sur un prénom. En ce qui nous concerne, nous avions plusieurs options pour une fille. On n’a eu un peu plus de mal à trouver un prénom qui nous plaisait vraiment pour un garçon. On ne voulait toutefois pas se fixer définitivement sur un prénom avant de voir notre bébé. On pensait que le choix de son prénom s’imposerait à nous une fois celui-ci parmi nous, que l’on saurait alors tout de suite que ce prénom lui seyait à ravir, celui-là et aucun autre. Pour nous, cela n’a pas été aussi flagrant. Une fois notre puce parmi nous, nous n’étions toujours pas certains de quel prénom lui donner et nous avons eu besoin de plusieurs heures avant d’officialiser les choses.

Fratrie

Nombreux sont les parents à désirer avoir une fille et un garçon, avant tout car ce sont des relations très différentes et que l’on aimerait faire l’expérience des singularités propres à la relation avec un fils ou une fille. J’ai deux filles et bien que j’aimerais savoir ce que c’est que d’être la maman d’un garçon, je suis très heureuse d’avoir deux filles et de pouvoir observer comment se construit la relation entre deux sœurs. J’ai moi-même une sœur et malgré quelques chamailles, jalousies et compétitions, quand je tourne les pages de nos albums d’enfance, ce sont plein de moments de confidences, de jeux, de rires et d’entraide qui ressurgissent. Quand j’observe mes filles, je perçois déjà une belle complicité (et quelques bagarres) ; seule notre ainée peut faire rire sa sœur aux éclats.

Toutes les configurations familiales sont uniques. La relation frère-sœur n’est pas similaire à celle qui peut naître entre deux sœurs ou deux frères. La relation entre deux sœurs ou deux frères peut être très complice, mais aussi très conflictuelle et compétitive. De même sexe, ces derniers ont davantage en commun, ce qui peut impliquer davantage de partages mais aussi de rivalités. Cela n’exclut pas non plus une relation très proche entre un frère et une sœur ou, au contraire, empreinte d’animosité.

Après ce petit tour de la question autour de la connaissance du sexe pendant la grossesse, ce que l’on peut dire c’est que l’identité sexuelle de notre futur enfant ne laisse personne indifférent. En tant que parent, on peut avoir des préférences et des projections. Cela peut conduire à des déceptions. Notre histoire personnelle et familiale entre elle aussi en jeu. Notre culture également. Finalement, que l’on veuille savoir au plus vite ou se laisser surprendre le jour J, tout futur parent devrait prendre le temps de s’interroger avant la rencontre avec son enfant sur ses éventuelles préférences vis-à-vis du sexe de ce dernier, ses craintes et attentes ainsi que sur son histoire familiale et ce que devenir parent d’une fille ou d’un garçon signifie pour lui.

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