Un an à 100% avec boutchou

Certaines mamans ont fait le choix de conserver une activité professionnelle à plein temps pour des raisons personnelles, professionnelles ou financières. Dans de nombreux pays, le congé-maternité dure en moyenne 3 mois, puis la maman doit reprendre le chemin du bureau si cette dernière ne désire ou ne peut pas prendre un congé sans solde. Certaines mamans ont dû retourner encore plus prématurément au boulot, lorsque le congé-maternité n’est pas payé par exemple, comme cela est le cas aux USA. Tous les cas de figure existent. Dans certaines familles, ce sont les papas qui restent à la maison et prennent soin des enfants et du ménage tandis que les mamans vont travailler. Indéniablement, ces différentes façons de concilier vie familiale et professionnelle font émerger des confrontations. Comme si un parcours devait à nouveau être plus louable qu’un autre.

Je suis restée un an avec ma fille, à 100% à la maison. Je n’étais à ce moment-là sans activité professionnelle fixe – je n’étais pas liée à un employeur –, venant de quitter mon travail pour m’établir à l’étranger. Une liberté dont j’ai profité un maximum, mais avec le congé-maternité en moins. Nous vivons dans un pays où le congé parental est valorisé et donc monnaie courante. La plupart des mamans arrêtent de travailler pendant un an – la loi le permettant, cela est plus facile à concrétiser même si l’employeur peut exercer certaines pressions, obligeant certains compromis. Les papas aussi prennent un congé de quelques semaines à plusieurs mois pour pouvoir s’occuper de leur progéniture. Et c’est ce que j’ai fait également. Toute une palette de cours et d’animations – payante et gratuite – est proposée afin que les mamans et les papas puissent se rencontrer et se soutenir dans leur « travail » de parent.

Pendant cette première année avec ma fille, j’ai également travaillé ponctuellement, travail soldé par un salaire (cette fois-ci). Je peux témoigner qu’autant il est magique de pouvoir voir évoluer son enfant, que c’est un temps dont il faut profiter un maximum car il ne se représentera plus et que cela est une chance de pouvoir être à ses côtés et partager tous ces moments avec lui, il n’est pas non plus toujours facile de faire face aux pleurs de son enfant, de se sentir désemparées quand on ne sait pas comment répondre à ses besoins, comment l’apaiser, de faire don de soi pour le bien d’un petit être dépendant entièrement de nous, de se retrouver seules, loin du monde du travail à partir duquel notre réussite, notre mérite semble évalué. Les journées peuvent paraître sans fin, celles-ci se succédant sans beaucoup de variété et les discussions étant plutôt succinctes et rudimentaires, on est heureuses quand le papa rentre enfin du travail pour nous distraire un peu et échanger quelques propos entre adultes (pas forcément plus élaborés, s’agissant souvent du compte-rendu de la journée avec bébé, des rires, des pleurs, du contenu des couches… certains sujets semblent, pendant un temps, insidieusement concurrencer les sujets culture, société, politique… constat pas si dramatique pour autant, devenir parent est une merveilleuse aventure pleine de découvertes et de défis qu’il est bon de partager). Les rencontres entre mamans (parmi lesquelles se joignent de plus en plus de papas) sont essentielles et permettent d’apporter un peu de diversité à des journées parfois un tantinet monotones. Point de vue qui ne semble pas uniquement partagé par maman, mais aussi par bébé ; celui-ci est soudainement de bonne humeur et nettement moins grincheux en compagnie de ses petits camarades et d’autres adultes.

Même si les journées ont un rythme très similaire, elles sont ponctuées de quantité de sourires, de rires, d’amour, d’échanges différents selon les étapes du développement du boutchou. Il est certain que je referai la même chose pour son petit frère ou sa petite sœur (même si je devrai peut-être faire quelques concessions en fonction du pays et du job). Avant d’en faire personnellement l’expérience, je ne pouvais pas concevoir à quel point il peut être difficile de se séparer de son bébé à seulement 3 mois.

Laisser un commentaire